fruits en hydroponie

J’peux pas j’ai hydroponie.

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J’peux pas j’ai hydroponie.

On ne vous parlera pas de vin aujourd’hui, ça ne vous fera pas de mal. On reste cependant dans l’univers du vivant, de la racine et du sol avec une façon toute particulière de cultiver plantes et légumes : l’hydroponie.

Quelques mots sur l’hydroponie

Pour faire simple, c’est faire pousser des plantes et plants dans l’eau sans terre. Pour approfondir, c’est faire pousser des plantes en remplaçant la terre par un socle inerte : l’eau. À cette eau il faut rajouter des nutriments minéraux, de la matière organique et de l’oxygène. Ce mélange va permettre à la plante de pousser, elle formera ses racines grâce/dans ce dernier. Les racines se développeront donc dans l’eau, flottant et se nourrissant de tous les éléments mis à sa disposition dans les bassins d’eau. Ces bassins sont en circuits fermés. L’eau y est renouvelée, il n’y a pas de pertes, pas de gaspillage et pas de pollution des terres.

On a demandé à Marion Sarlé des Sourciers, microferme hydroponique du Gers, de nous expliquer un peu plus la chose, manière de faire avancer le Schmilblick.

Marion et sa douce moitié, Nicolas, donne des formations pour que vous autres et nous autres puissions en apprendre un peu plus sur l’hydroponie et pourquoi pas se lancer dans l’aventure. Oui, certains de ses élèves ont ensuite créé leur propre ferme.

RV: Pourquoi se lancer là-dedans ? Qu’est-ce qui t’attire dans l’hydroponie ?

Marion : Je crois qu’on est une génération qui remet un peu en cause certaines démarches de nos parents, avec l’industrialisation, l’hyper-productivité etc.… Et par opposition, on cherche à se rapprocher du mode de vie de nos grands-parents qui était plus respectueux de la nature. Ce que j’aime dans l’hydroponie telle que nous la pratiquons, c’est de pouvoir nouer deux mondes : celui de nos grands-parents avec une démarche écologique, une approche qualitative, et celui de notre génération avec toute une partie assez moderne et une vision scientifique. C’est cette association nature et technologie qui m’a bien plu au début.

Le monde des plantes me fascine et nous rend très humble, on se rend compte chaque jour que malgré les avancées technologiques, la nature ne nous lassera jamais de surprises ! J’ai l’impression qu’il y a toujours de la place aux nouveaux apprentissages donc on ne peut pas s’ennuyer quand on travaille avec les plantes. L’hydroponie permet de faire pousser des plantes avec presque pas d’eau, à peu près n’importe où et avec un grand contrôle sur la santé des plantes grâce à l’accès aux racines. L’eau remplace la terre, et on peut tout à fait créer un système vivant dans celle-ci. La nôtre contient foule de micro-organismes, bactéries qui décomposent les nutriments organiques que nous ajoutons, et nous permet de faire beaucoup d’association de plantes afin de ne réaliser aucun traitement chimique sur celles-ci.

RV: L’hydroponie c’est bio ou pas bio ?

Marion : Alors pour commencer il n’y a pas de certificat bio qui puisse aller avec l’hydroponie dans la mesure où les plantes ne touchent pas la terre. Après chaque agriculteur va cultiver en fonction de ses valeurs et faire des choix dans son mode de production. L’hydroponie telle qu’elle existe en France aujourd’hui est malheureusement très critiquée car, et c’est vrai, elle ne respecte pas l’environnement et donne des plantes fades (le fameux goût d’eau). Les substrats choisi son rarement recyclables, les engrais trop dosés, pas de bonne qualité, les plantes traitées, etc.… La technique de l’hydroponie a été utilisée pour faire des usines à tomates, qui du coup n’ont pas de goût. Mais tout comme en terre on peut faire de l’agriculture conventionnelle ou de l’agriculture bio, en hydroponie on peut faire quelque chose d’insipide et polluant, ou on peut faire des plantes de qualité de manière écologique.

Et nous avons choisit cette dernière option qui n’existe pas du tout en France. En choisissant avec soin des substrats qui sont recyclables, des variétés anciennes, des intrants de qualité qui peuvent être à 100% bio et organiques, des traitements de culture en PBI, et en suivant les saisons, on peut faire des plantes de très grande qualité nutritive et gustative. Par contre, on est sur des toutes petites surfaces d’exploitation ! On favorise la qualité au détriment de la quantité. Au niveau économique, si on choisit bien son marché c’est un modèle qui marche. Donc ce n’est pas bio mais on peut le rendre très propre !

On est bien d’accord que ça ne remplacera jamais la terre, et ce n’est pas l’objectif au contraire ! L’idée est d’apporter une complémentarité ou une autre option lorsque la terre est polluée ou aride. Ou encore pour ceux qui veulent faire pousser des plantes sur les balcons et les toits, là ou la terre serait trop lourde!

Si tu as envie d’hydroponer toi aussi, viens voir les formations des Sourciers par ici.

ferme en hydroponie

 

© Photos Je deviens écolo

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